Quels logiciels utiliser ?

, par Anne-Françoise Pasquier IA-IPR, Marion Beillard IA-IPR

La généralisation des environnements numériques de travail, la multiplication des expérimentations pédagogiques mettant en jeu le travail à distance et, d’une manière plus générale, la volonté affichée de "faire entrer l’école dans l’ère du numérique", amènent à se poser ces deux questions : quels logiciels utiliser avec les élèves et comment partager des ressources ?

Du point de vue du travail personnel du professeur, la question est d’autant plus sensible que les possibilités de mutualisation se multiplient : réseaux sociaux, pages personnelles ou sites institutionnels proposent ainsi pistes de réflexion, leçons clés en main, exemples d’activités, etc. Ces nouvelles pratiques doivent amener le créateur des ressources à se poser la question de leur lisibilité : mon destinataire, quel qu’il soit, accédera-t-il au document exactement tel que je l’ai créé ?

La seule méthode pour être assuré de répondre affirmativement à cette question est l’utilisation systématique et exclusive de formats ouverts et normalisés. Ainsi, en bureautique, l’organisme ISO a défini comme norme le format OpenDocument [1]. Rédiger et transmettre un document texte au format OpenDocument, cela signifie s’assurer que les destinataires de celui-ci auront, en toute légalité, tous les moyens techniques pour le lire correctement.

Utiliser un autre format, propriété d’une entreprise commerciale détenant seule le secret de son fonctionnement, c’est présupposer que les destinataires disposent du logiciel (payant) seul en mesure de le lire correctement.

Or on ne peut pas exiger de collègues ou d’élèves avec qui l’on souhaite partager des supports numériques la possession de logiciels payants pour l’unique raison que l’on a soi-même acquis au fil des années l’habitude de ces logiciels.

L’utilisation de formats ouverts et normalisés est la seule garantie de durabilité des ressources numériques que l’on crée. La question peut se résumer ainsi : serai-je en mesure, dans cinq ou dix ans, de lire le cours que je rédige, le diaporama que je fabrique ?
Utiliser des formats fermés, propriétés d’éditeurs de logiciels, c’est prendre le risque de perdre définitivement ces ressources, au hasard de l’abandon du logiciel utilisé ou de la fermeture de l’entreprise qui l’édite.

À l’opposé, les logiciels libres se caractérisent, bien au-delà de leur gratuité, par le respect des normes et par les libertés données aux utilisateurs. Utiliser des logiciels libres en classe, c’est donner la possibilité aux élèves d’utiliser ces mêmes logiciels chez eux [2].

En histoire-géographie, ces logiciels sont nombreux : LibreOffice, Open-Sankore, QuantumGis, Xia, etc.

Sur Strabon, ce constat a conduit les rédacteurs et contributeurs à privilégier désormais le partage de leurs productions dans des formats ouverts et normalisés.

Notes

[1Pour le texte, on reconnaît un fichier OpenDocument à son extension en .odt

[2Les logiciels libres donnant à leurs utilisateurs, entre autre choses, les libertés d’utilisation et de distribution.

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