Les journées "Bachibac et eTwinning" de Madrid

, par José Gomes

Les 21, 22 et 23 novembre dernier se sont tenues à Madrid les journées "Bachibac et etwinning", lesquelles ont réuni quinze enseignants français de Bachibac représentant plusieurs académies et quinze de leurs homologues espagnols. L’objectif était de mettre en contact les professeurs des deux pays afin de les aider à élaborer des projets communs d’échange et/ou de eTwinning. M. Fabien VERGEZ, IA-IPR d’Histoire Géographie de l’Académie de Toulouse, était également présent en qualité d’observateur.

DÉROULEMENT

Les journées sont inaugurées par des représentants du Ministère de l’Éducation espagnol et des institutions françaises, citons pour la partie française Madame Anne LOUYOT de l’Ambassade de France à Madrid et Monsieur Hervé TILLY chargé de la coopération internationale auprès du Ministère de l’Éducation nationale. Dans leurs discours, tous ont rappelé combien les deux pays étaient attachés, dans le cadre d’une politique éducative européenne, aux actions permettant les échanges pédagogiques aussi bien au niveau des élèves, que celui des enseignants et des institutions.

  • Journée 1 (Mercredi 16h-20H)

Cette première demi-journée est consacrée à la rencontre des collègues participants à travers une série de jeu de rôles permettant de lier connaissance, mais surtout d’entrevoir les centres d’intérêt pédagogiques des uns et des autres afin de commencer à imaginer de possibles projets communs. Puis, des collègues espagnols ont présenté à l’assemblée trois propositions menées à bien dans le cadre de l’eTwinning.

  • Journée 2 (jeudi 10h-19h30)

La matinée est dédiée à la présentation des différents types d’Erasmus et à une explication très détaillée sur la façon d’élaborer différents projets par des représentants espagnols de ce dispositif. On peut signaler ici que, en concordance avec le système éducatif espagnol dans son ensemble, tous les postes occupés dans tous les différents services administratifs que nous rencontrerons tout au long de ces journées, le sont par des enseignants détachés pour un temps limité. Plusieurs d’entre nous constatent combien cela facilite leur compréhension des problématiques que peut rencontrer un professeur au quotidien et comment leur propos semble en adéquation avec les réalités du terrain. Puis, un atelier est consacré à la prise en main par les participants de la plateforme eTwninng.
Deux autres ateliers sont proposés l’après-midi avec des activités qui permettent aux collègues d’échanger librement sur leurs pratiques, les programmes respectifs dans les deux pays, et leurs attentes en termes d’échange avec un lycée outre-Pyrénées. Plusieurs projets commencent alors à prendre forme.

  • Journée 3 (vendredi 9h30-14H00)

Atelier général pour finaliser les projets d’échange et d’eTwinning entre les différents établissements. Beaucoup de propositions sont mises en place et finalisées pour leur partie « administrative » (enregistrement sur la plate-forme). Citons pour exemple : « Le Tourisme : plaie ou bénédiction ? » (Versailles/Canaries), « Entre Mémoire et oubli : La Nueve » (Créteil/Canaries), « L’Art nouveau et le Modernisme » (Nancy/Barcelone) ou encore « Adios mi España querida, lettres depuis l’étranger ou la mémoire de l’émigration espagnole en France » (Versailles/Pampelune).

BILAN

Ces journées ont été très fructueuses car elles ont permis aux collègues des deux pays de se rencontrer et donc d’échanger sur leurs pratiques, leurs difficultés, leurs attentes. On sait combien ces échanges permettant à l’enseignant de « sortir » de sa classe, surtout au professeur d’histoire-géographie Bachibac qui est souvent seul dans son établissement, voire dans son département, sont des moments importants et formateurs. De ces conversations menées en atelier, mais aussi de façon plus impromptue lors des pauses ou autour d’un dîner, sortent toujours des questionnements et des idées qui encouragent les nouvelles pratiques dans les classes et la montée en compétence professionnelle. Certains ont même prolongé très longuement ces échanges jusqu’au bout de la nuit dans les cafés et bars de Chueca ou Lavapiés faisant ainsi honneur à la tradition de la « tertulia » madrilène et démontrant au passage toute leur bonne volonté pour découvrir et de s’approprier les mœurs et coutumes locales… Il faut aussi souligner la grande qualité de l’accueil réservé par les organisateurs espagnols, tant pour ce qui a trait aux locaux et au matériel mis à disposition, que des mets offerts lors des pauses. Leur gentillesse et leur disponibilité ont été également remarquables.

Pour finir, il est possible d’émettre trois points de vigilance qui ont été soulignées lors de ces journées :

- Ces projets et ces méthodes pédagogiques innovantes, qui mettent l’élève au cœur de l’élaboration du cours et le rendent acteur principal de l’appropriation des savoirs et des compétences, sont passionnantes mais elles nécessitent, en amont, un matériel important et en parfait état au sein des établissements car elles s’appuient fortement sur le numérique. Or, les situations sont très variées de ce point de vue selon les établissements.

- Par ailleurs, ces projets réclament un accompagnement et une compréhension du défi que suppose l’ouverture à l’international de la part des directions des établissements scolaires. Il s’agit en somme d’abattre les murs de nos lycées de façon symbolique, mais néanmoins réelle. Là encore, tous les participants des deux pays se sont accordés pour signaler une grande hétérogénéité des situations entre les différents lycées.

- Enfin, on peut regretter que les examens, tels qu’ils sont encore conçus aujourd’hui, restent « académiques » et ne prennent pas en compte les projets innovants conduits avec les élèves. Ce sont pourtant sur ces épreuves que nos élèves sont évalués in fine et que les familles jaugent l’efficacité du travail réalisé en classe. En conséquence, les élèves sont certes enjoués pour participer à ces projets, mais ils continuent parfois à les prendre comme une parenthèse moins sérieuse que les cours « classiques ». Or, et c’est ce que nous avons retenu de ces journées, l’ouverture à l’international, les échanges, les projets de groupe, les nouvelles méthodes d’apprentissage qui les rendent acteurs et non usagers passifs, sont absolument essentiel pour permettre aux élèves de renforcer leur aptitude à communiquer en langue étrangère et à développer leur connaissance de la culture du pays partenaire. L’enjeu est donc bien d’intégrer ces façons innovantes d’apprendre, d’enseigner et d’évaluer au sein de nos lycées et nos académies pour une approche éducative à dimension européenne.

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