MARC FERRO " HISTOIRE DE FRANCE " - Éditions Odile Jacob - 2001.

, par Didier Masfrand

Pour tout public adulte. Bon ressourcement pour les enseignants et banque de données incontournable pour les collègues professeurs des écoles : voilà un ouvrage simple et accessible qui peut faire gagner du temps et éviter de véhiculer certains stéréotypes sur notre histoire nationale.

Toute l’histoire de M. Ferro est problématisée, à preuve ce premier chapitre :
" Quand commence l’histoire de la France ? Clovis ou Vercingétorix ? Lorsqu’il était écrit, dans les manuels de la IIIe République, que "nos ancêtres étaient les gaulois"... Elle voulait dire que nos ancêtres n’étaient pas les francs..."
Le ton est ainsi donné, les perspectives stimulantes... la vivacité de la réflexion de M. Ferro rend passionnante cette vaste synthèse qui ne craint pas les rapprochements historiques ou du moins les mises en relations qui inscrivent maints phénomènes dans la longue durée... Amateur et animateur de l’image, l’auteur fait chaque fois qu’il le peut référence au septième art. Son ouvrage est de lecture très aisée et se présente en une succession de chapitres courts que l’on peut donc saisir intégralement. C’est un véritable livre de chevet que l’on pose et reprend... effeuillant les chapitres au gré de ses humeurs ou des intérêts du moment.
Pour les plus férus de pédagogie, je recommande le chapitre 3 : "le temps des révolutions...". Si vous avez du mal à gérer le programme en classe de seconde, voici le mode d’emploi, des pages 206 à 231. De 89 à Brumaire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire... et on a vraiment l’impression de ne rien omettre de fondamental.
Le travail de M. Ferro consacre une seconde partie à : "Les caractères originaux de la société française". Il réalise ici des synthèses originales, à la recherche de " l’identité de la France " chère à F. Braudel. Il propose entre autres, des pistes pour une réflexion multiscalaire de l’espace régional
( " la greffe des provinces ") à la représentation de la France face à ses principaux voisins européens...

Je laisserai M. Ferro conclure page 716 ( avant 17 pages d’une très complète bibliographie ).

" Or, il nous semble que seules la prise en compte effective des nouvelles forces... et la construction de l’Europe peuvent poser les problèmes dont l’enjeu est à la hauteur des époques révolues. Mais à condition aussi que se régénèrent des circuits plus effectifs entre le pays réel - ... - et une représentation nationale qui, politiquement, donne volontiers l’impression de faire chambre à part."

Bonne lecture. Didier Masfrand ( 06/02)

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