Dans le cadre des TraAM 2024-2025, notre académie s’est engagée dans une réflexion pédagogique sur les usages de l’intelligence artificielle (IA) en histoire-géographie. Le thème national retenu, « Réflexions sur les usages de l’intelligence artificielle en histoire-géographie : finalités, enjeux et perspectives », invite les équipes à interroger les apports possibles de ces technologies dans les apprentissages, ainsi que les défis éthiques, didactiques et réglementaires qu’elles soulèvent.
Depuis 2022, l’émergence et la démocratisation des IA génératives transforment les usages numériques à l’école. Ces outils, désormais accessibles à un large public, questionnent profondément les pratiques d’enseignement et les processus d’apprentissage. Les IA peuvent-elles favoriser l’esprit critique ? Aident-elles réellement à mieux apprendre ? Peuvent-elles être intégrées dans un cadre pédagogique rigoureux, respectueux du RGPD et des finalités éducatives de nos disciplines ?
Une démarche fondée sur l’expérimentation
Notre groupe académique a choisi de construire une réflexion didactique autour de l’analyse critique des documents, à travers des scénarios mobilisant l’IA comme outil d’appui à la compréhension, à l’argumentation ou à la rédaction d’un développement structuré.
L’ensemble des scénarios expérimentés cette année s’appuie sur les sources proposées par la Fondation Charles de Gaulle. Ce partenariat a permis de concevoir des activités rigoureuses à partir de documents historiques authentiques (discours, vidéos, textes d’archives), et de confronter les productions de l’IA à des sources de référence. Les élèves ont ainsi pu croiser les regards, exercer leur esprit critique et mieux comprendre les enjeux de la pensée gaullienne à travers une démarche exigeante et formatrice.
Le projet s’est structuré autour de plusieurs principes :
– Tous les élèves impliqués étaient âgés de plus de 13 ans.
– Aucun compte n’a été créé pour accéder aux outils.
– Deux environnements ont été utilisés : la plateforme Vittasciences et un chatbot conçu par un enseignant sur Voiceflow.
– Les activités ont été encadrées pour garantir un usage raisonné, éthique et pédagogique de l’IA.
Des objectifs clairs, une plus-value ciblée
L’introduction de l’intelligence artificielle en classe ne se substitue pas aux savoirs disciplinaires. Elle agit ici comme un levier pour interroger les sources, les comparer, reformuler des productions. Ainsi, l’IA a permis aux élèves :
– d’identifier des imprécisions,
– d’exercer leur esprit critique,
– de travailler l’oral,
– de s’entraîner à la rédaction d’un développement construit.
En confrontant les contenus générés par IA aux sources historiques, les élèves apprennent à prendre du recul, à analyser la fiabilité des informations et à développer une posture critique face aux outils numériques. Ces compétences s’inscrivent pleinement dans les attendus du CRCN.
Des points de vigilance indispensables
L’usage de l’IA en classe impose plusieurs précautions :
– Un scénario pédagogique précis : chaque usage de l’IA doit être pensé en cohérence avec les objectifs de la séance.
– Un accompagnement actif de l’enseignant : les gestes professionnels d’explicitation, de tissage et d’étayage sont essentiels pour que l’élève reste acteur de son apprentissage.
– Un cadre éthique rigoureux : respect du RGPD, choix d’outils sans collecte de données personnelles, activités adaptées à l’âge des élèves.
– Un débriefing structurant : à l’issue de chaque séance, un retour réflexif permet d’analyser les limites de l’outil et d’institutionnaliser les apprentissages réalisés.
Les scénarios expérimentés dans l’académie
Découvrez ci-dessous les quatre scénarios pédagogiques élaborés cette année. Chacun d’eux interroge une modalité particulière d’usage de l’IA en lien avec l’analyse documentaire, la rédaction ou la production orale, à partir des sources de la Fondation Charles de Gaulle.
Deux scénarios proposés en collège
S’entraîner progressivement à la rédaction autour de la figure de De Gaulle grâce à l’IA
Deux scénarios proposés en lycée