La Naissance du monde moderne ( 1780 - 1914 )

, par Didier Masfrand

Le projet de C. Bayly ne vise à rien moins que de brosser : « une histoire thématique du monde... », large fresque comparative, à un moment ou tout à basculé et ou l’Europe et ses prolongements d’outre-mer sont devenus dominants.

Le projet de C. Bayly ne vise à rien moins que de brosser : « une histoire thématique du monde... », large fresque comparative, à un moment ou tout à basculé et ou l’Europe et ses prolongements d’outre-mer sont devenus dominants. C’est réussi.
Si certaines argumentations peuvent sembler ici sommaires, elles s’appuient toujours sur les mises à jour les plus récentes de l’historiographie, auxquelles elles renvoient ( 50 pages de notes et références )
La thèse principale de C.A. Bayle se propose de battre en brèche nombre de préjugés voir de clichés que nous pouvons véhiculer sur la domination de l’Europe au 19ème siècle. Uniformisation et diversité, influences réciproques... autant de thématiques très contemporaines, qui peuvent nous aider à nuancer notre XXIème siècle à l’aune du XIXème.
« Ce livre décrit par conséquent l’émergence, à l’échelle planétaire, d’un phénomène d’uniformisation qui toucha les Etats, la religion, les idéologies politiques et la vie économique, à mesure de leur développement tout au long du XIXème siècle. » - « Ce livre soutient par conséquent, la théorie que toute histoire locale, nationale ou régionale, relève aussi, dans une large mesure, d’une histoire mondialisée. » ; « De ce point de vue je me suis rallié aux thèses ... qui,... ont souligné la nature multipolaire de la mondialisation lors de la naissance du monde moderne et sa persistance durant le XIXe siècle derrière l’hégémonie exercée en surface par les européens »

Parmi les nombreux thèmes traités, nous retiendrons :
chapitre 5 : L’industrialisation et la ville nouvelle.
chapitre 6 : Nation, empire, ethnicité, des environs de 1860 à1900.
Chapitre 7 : Mythes et moyens mis en œuvre par l’Etat moderne. ( les historiens et l’Etat - l’Etat moderne prend racine : les dimensions géographiques - les outils à la disposition de l’Etat...)
Chapitre 9 : Les empires religieux.
Chapitre 12 : L’anéantissement des peuples autochtones et les atteintes à l’environnement.
Pour chacun on retrouve une construction très proche, toujours didactique, avec une introduction bien développée : « Comme on le montrera dans le chapitre... ce chapitre va toutefois
s’intéresser d’abord... » et une conclusion qui revient sur les principales thèses étudiées.

Il ne peut-être question ici de résumer le contenu d’un livre riche et dense. Le propos peut par ailleurs paraître trop vaste et nous perdre dans les méandres de la vie politique chinoise ou indienne ; certains passages nous sembleront allusifs, maîtrisés par l’auteur, mais nous laissant sur notre interrogation... Mais c’est écrit simplement dans un style direct, prècis et argumenté, qui nous donne l’impression que tout ce propos et simple et évident. Comme l’entreprise est complexe et multiple, c’est un ouvrage à consulter au coup par coup, quitte à revenir plusieurs fois sur le même chapitre.
Il doit cependant s’imposer à tous ceux qui ont charge d’enseignement. Si on pense plus particulièrement aux programmes de 2nde et 1ère des lycées, l’ouvrage est une mise en perspective qui nous concerne tous et fournit de nombreuses pistes pour aider à mieux comprendre, connaître et donc faire passer à nos élèves ce que furent les transformations de cette époque qui a fait entrer le monde dans « la modernité » : 600 pages de mise à niveau ou de formation continue.

Meilleur profit à tous : D. Masfrand

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)