Le paradis des femmes et l’enfer des chevaux.

, par Richard Basnier

La France de 1860 vue par l’émissaire du sultan Mohamed IV

En 1860, Idriss al’Amraoui est envoyé par le sultan du Maroc Mohamed IV comme émissaire en France pour lui faire le récit de la modernité. Lettré renommé, Idrissi Al’Amraoui rédige ce mémoire à son retour de sa mission diplomatique auprès de Napoléon III (il en écrira un second en 1861 de son retour en Espagne).

Ce court récit a d’abord une valeur authentique. L’auteur reconnaît les mérites techniques (le train, le télégraphe, l’imprimerie), voire les mérites organisationnels comme le défilé militaire ou le commerce. En revanche, il ne tombe pas dans une admiration outrancière. Au contraire cet Occident n’est pas de son goût et les valeurs entretenues (goût du luxe, de la frivolité voire de l’inutile) ne sont pas conformes aux valeurs morales et esthétiques musulmanes. Il prédit d’ailleurs un mauvais avenir à la France "la perfection est suivie par la décadence" écrit-il.
En outre, ce récit a également une valeur historique. Il présente la vision d’une époque (Second empire, France en voie d’industrialisation mais encore rurale) telle qu’elle pouvait apparaître à un étranger qui plus est musulman. C’est cette vision extérieure qui est intéressante et nous interroge encore aujourd’hui.

P.-S.

Idriss Al’Amraoui, Le paradis des femmes et l’enfer des chevaux. La France de 1860 vue par l’émissaire du sultan, Paris 1992, réédition 2006 coll. l’aube poche document, 87 pages.

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