Le 22 octobre : commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés.

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LES ARCHIVES DE STRABON

Le mercredi 16 mai 2007, le président de la République Nicolas Sarkozy annonçait : « Ma première décision de Président de la République sera de demander au futur ministre de l’Education nationale que « la dernière lettre de Guy Môquet à ses parents avant son exécution soit lue à tous les lycéens de France ».

A la suite de cette déclaration, le BOEN n°30 du 30 août 2007 prévoit que dorénavant le 22 octobre, date de l’exécution de Guy Môquet et de ses 26 compagnons, sera la journée de la commémoration de ce souvenir.

Lorsque son père, député communiste de Paris, est incarcéré en mars 1939 à la centrale de Maison-Carrée en Algérie, Guy Môquet , élève au lycée Carnot à Paris, devient un actif membre des Jeunesses communistes. Il est arrêté un an plus tard, à 16 ans, lors d’une distribution clandestine de tracts. Acquitté il est malgré tout transféré au camp de Choisel-Châteaubriant en Loire Atlantique. Il est fusillé le 22 octobre 1941 avec 26 autres compagnons. La mort tragique de ce jeune résistant, comme celle de ses 26 compagnons et de tous les autres fusillés, fait partie des temps forts de l’histoire de France et mérite à ce titre de servir d’exemple à toutes les générations, tout particulièrement la plus jeune.

La commémoration du 22 octobre est l’occasion de rappeler aux élèves l’engagement, durant la Seconde Guerre mondiale, de jeunes gens, filles et garçons, de toutes les régions et de tous les milieux qui firent le choix de la Résistance, souvent au prix de leur vie. Leur mémoire évoque les valeurs de courage et d’engagement, de dévouement, de don de soi qui furent partagées par d’autres en France et en Europe, y compris en Allemagne (Hans et Sophie Scholl par exemple). Quelques lettres écrites par des jeunes quelques heures souvent avant de mourir sont rassemblées en annexe du BOEN n°30 du 30 août 2007. Elles proviennent, pour la plupart, de l’ensemble de lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko dans La vie à en mourir, Lettres de Fusillés (1941-1944) , Editions Tallandier, Paris-2003.

Afin que ces lettres servent de supports authentiques à une véritable réflexion historique, il est important de dépasser la légitime émotion ressentie. Pour être bien comprises ces lettres doivent être replacées dans toutes les composantes de leur contexte historique ; on songe, en particulier, à l’attitude de l’Etat français à l’encontre de ses opposants aux heures noires de la guerre. Cette attitude a fait désormais l’objet de nombreux travaux d’historiens et la France, en la personne de son Président de la République, Jacques Chirac, a officiellement reconnu sa responsabilité en juillet 1995.

Qu’à l’occasion de la commémoration du 22 octobre une réflexion collective s’engage donc dans le cadre de la classe sur la mémoire/les mémoires de la Seconde Guerre mondiale. Devenu un objet de recherche historique, le thème de la mémoire fait partie des programmes d’enseignement de l’histoire. La lecture de la lettre de Guy Môquet peut aider à conduire un vrai travail historique. Un dossier mis en ligne sur le site Strabon donnera des éléments pour cette mise en perspective. La participation au concours national de la Résistance, dont le thème cette année porte sur « L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde guerre mondiale » ( BO n°17 du 26 avril 2007) pourrait s’insérer dans la même démarche.

L’inspection pédagogique régionale

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