Brève Histoire du XXIème siècle

, par Solange Pierrat

Le livre de Fabrice d’Almeida « Brève histoire du XXIème siècle » est paru en septembre 2007 aux éditions Perrin. Il sera utile notamment pour les professeurs de troisième et de terminale qui trouveront dans ces pages des propositions, des pistes d’analyse, leur permettant d’enrichir le thème « le nouvel ordre mondial ».

Fabrice d’Almeida articule son propos autour de quatre chapitres : « Pour en finir avec le XXème siècle », « Chronique d’une décennie 1997-2007", « Le long XXIème siècle contre le fétichisme de la rupture » et « Les individus du XXIème siècle face aux masses du XXème siècle ». Les trois premiers chapitres me semblent particulièrement intéressants.

Dans le premier chapitre, Fabrice d’Almeida tente de répondre à la question suivante : « Sommes nous tous sortis du XXème siècle, et si oui à quelle date exactement ? » ;
Les Européens ont le sentiment effectif d’être sortis du XXème siècle. Pour eux, cela correspond à la fin de la guerre froide, dont les dates oscillent entre 1987 (fin de la crise des Euromissiles) à 1991 (chute de l’URSS). Cette grille de lecture peut elle être applicable dans d’autres aires géographiques ? Les années 90-2000 renvoient-elles à la fin d’un ordre, d’une époque ? Au Proche Orient, la première guerre du golfe semble à la fois remettre en cause une structuration de l’espace politique issue de l’après première guerre mondiale et voir triompher ce nouvel ordre international, que permet la fin de la guerre froide. Mais quelques années avant, un autre événement, l’Intifada modifie également les rapports de force et les équilibres jusqu’alors existant. La fin du XXème siècle en Afrique peut se symboliser par la fin de la ségrégation raciale commencée en 1911 et terminée par la chute de l’apartheid : ce régime toléré jusqu’alors devient illégitime après la chute de « l’Empire du mal ». En Asie, si la Chine ne voit pas l’effondrement du régime communiste après les événements de Tien An Men, ce pays s’ouvre davantage encore au libéralisme. Ces mêmes années voient aussi au Japon,la mort de Hiro Hito, ce qui amène une nouvelle génération de Japonais à se pencher sur leur histoire et celle de leurs voisins. Cette fin de siècle correspond donc bien un peu partout à la fin d’une époque. Elle est confirmée d’ailleurs par la publication d’ouvrages provenant d’auteurs de sensibilités différentes, et dont le plus célèbre est celui de Francis Fukuyama « La fin de l’Histoire et le dernier Homme » paru en 1992.
Les Européens ont l’impression de vivre la fin d’un siècle, la fin d’une époque, et cela se teinte de peurs millénaristes, s’incarnant dans « le bug de l’an 2000 » ou l’ouragan exceptionnel vécu par la France et une partie de l’Europe de l’Ouest en janvier 1999.
Le deuxième chapitre montre que la décennie 1997-2007 confirme que de nouvelles grilles de lecture doivent être mises en place pour comprendre le nouveau monde dans lequel nous sommes propulsés. Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et la notion de terrorisme international qui en découle remplacent la guerre froide comme moteur de l’Histoire. Mais pour d’autre, les conflits à venir ne sont pas liés au choc des civilisations, mais aux tensions engendrées par la « globalisation ». L’entrée à ce titre dans le XXIème siècle serait la tenue du premier forum social mondial de Porto Alegre du 25 au 30 janvier 2001. Pour d’autre encore, le XXIème siècle s’affirmerait dés 1998 avec la création de la Cour Pénale Internationale. Cette création mettrait fin au XXème siècle des génocides et ouvrirait une nouvelle ère ayant le souci de la vie humaine et du droit international.
Dans le troisième chapitre, Almeida montre que l’on ne bascule pas ainsi dans le XXIème siècle, et que celui-ci plonge au contraire ses racines au moins dans le dernier tiers du XXème. Il s’élève contre le « fétichisme de la rupture », une vision « hystérique » entretenue par les médias. Ainsi le monde global n’aurait il pas commencé dés 1985-86, lorsque les cotations informatisées permettent la circulation en continue des investissements ? Ou la création de l’OMC en 1995 ? La gouvernance mondiale ne date-t-elle pas de l’essor des ONG dans les années 70, et notamment de la création en 1971 de « Médecin sans Frontières » ? Et le terrorisme ? Il s’agit en fait d’une notion ancienne pour les Européens, même dans sa forme internationale, puisqu’on peut la voir à l’oeuvre lors du drame de la prise d’otage de Munich en 1972.
Enfin dans son dernier chapitre, Almeida cherche à esquisser ce que pourrait être les grands traits du XXIème siècle. Sans surprise, il note l’émergence de l’individu Il analyse ce qui contribue à cette émergence, et montre comment elle change la donne dans les débats politiques nationaux des grands pays (visibilité des minorités, lutte contre les discriminations….)

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