Guy Môquet et l’engagement des jeunes Européens dans la résistance

, par Solange Pierrat

« L’engagement des jeunes en Europe un premier pas vers une Europe unie ? »
Cette problématique peut être un moyen de fusionner les différents thèmes d’étude proposée pour la semaine prochaine. (Semaine de l’Europe à l’école, Journée du souvenir de Guy Môquet et de l’engagement des jeunes Européens dans la résistance)

Première problématique : l’engagement des jeunes
Pour vous aider, une brochure essentielle :
« Les jeunes dans la résistance" qui était le thème de l’année 2002-2003 du concours de la résistance.
http://www.fondationresistance.org/documents/lettre/LettreResistance031.pdf

A partir de cette brochure, on peut aborder avec les élèves les raisons de l’engagement, les types d’action, la répression. Pour cela, on peut alors mettre en parallèle le cas de Guy Môquet, jeune otage fusillé, les « Cinq » de Buffon, jeunes résistants fusillés, et prendre l’exemple donné par la brochure de cette année de Guy Faisant, un jeune résistant déporté Nacht und Nebel.

Brochure 2008-2009 : http://www.fondationresistance.org/documents/cnrd/Doc00051.pdf

Deuxième problématique : la dimension européenne de la résistance :
Pour vous aider : http://www.education.gouv.fr/cid22276/mene0800716n.html

On peut prendre pour point de départ le dossier fourni par cet encart qui propose un dossier composé de huit lettres émanant de huit jeunes européens venant d’Italie, d’ Allemagne , de Belgique, de la Grèce, de Yougoslavie, de Tchécoslovaquie, du Danemark, de Pologne.
On peut mettre en parallèle l’origine de ces lettres et une carte de l’Europe occupée pour montrer la progression du nazisme et les réactions provoquées dans tous les pays contre la tentative de nazification de l’Europe.
Mais, la résistance européenne se fait aussi en France : il se trouve sur notre territoire trois millions d’étrangers au moment de l’entrée en guerre.
Encore une fois, l’étude de « l’affiche Rouge » et des membres composants le groupe Manouchian est éclairant, comme le montre la liste ci jointe. (Voir également dans le dossier de l’an dernier la mise en perspective de l’affiche rouge par Claude Robinot, ainsi que le monument aux morts pour les jeunes soldats soviétiques engagés dans la résistance en France. https://histoire.ac-versailles.fr/spip.php?article481)
On peut ainsi montrer aux élèves que face à une Europe de la haine raciale, des chambres à gaz, du déni des droits Humains, une autre Europe se construit, celle du refus, fondée sur des idéaux démocratiques. Et que la résistance française qui incorpore beaucoup d’étrangers en est la préfiguration.
Des résistants plus âgés sont d’ailleurs prêts à transformer cette réalité en une dynamique politique, comme le prouve le texte d’Henri Frenay , extraits du Journal « Combat » de décembre 43.
La construction européenne plonge ses racines dans le second conflit mondial.

Troisième problématique Et le contenu des lettres ? Comment intégrer la lecture de ces lettres bouleversantes dans notre salle de classe ? L’introduction faite par Guy Krivopissko à son ouvrage, « La Vie à en mourir, lettres de fusillés » et la préface de ce livre, intitulée « Voix d’outre tombe », par François Marcot, sont de ce point de vue très instructives. Lire une lettre hors contexte n’apporte que de l’émotion. Lire des centaines de lettres apporte sur ce sujet un autre regard, dévoile d’autres perspectives, que la confrontation avec les lettres des jeunes résistants européens ne fait que confirmer. En lisant cet ouvrage, on s’aperçoit que ces lettres sont en elle même un acte de résistance. Et c’est peut être de ce point de vue là qu’il nous faut les aborder.

Prolongement ECJS :
Cette parenthèse faite dans nos cours pour rappeler ou découvrir l’engagement des jeunes dans la Résistance peut trouver un prolongement en ECJS. Le professeur peut demander aux élèves par écrit pour quelles causes aujourd’hui ceux-ci s’engageraient-ils. Les causes peuvent ensuite être mise en commun et débattus.
Après les raisons de l’engagement, on peut s’interroger sur les moyens mis à disposition aujourd’hui dans nos sociétés démocratiques pour agir.
Cette notion d’engagement peut aboutir à des problématiques qui méritent réflexion et qui ne sont pas facile à traiter en cours. La démocratie aujourd’hui pourrait-elle être en danger ? S’il s’agit de défendre la démocratie et la liberté, y a-t-il des limites à l’engagement ?
Cette journée sur l’engagement des Jeunes résistants peut être un point de départ sur le devoir de défense qui est un des thèmes de l’ECJS au lycée.

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