Une avancée significative

, par Paul Stouder IA-IPR

LES ARCHIVES DE STRABON

La Région vient de doter tous les lycées des académies franciliennes d’ensembles vidéo-projecteurs et micro-ordinateurs dédiés à certaines disciplines, l’histoire-géographie et les mathématiques. C’est aboutissement d’une concertation pédagogique entre la Région et l’Education nationale représentée par le CRDP et les inspections des disciplines bénéficiaires. De leur côté, certains collèges sont également dotés par les départements dont ils dépendent.
La mise en œuvre de ces machines est une chance pour l’histoire et la géographie. Loin de céder à une quelconque mode, ce qui en condamnerait l’utilisation à brève échéance, l’insertion du couple ordinateur vidéo-projecteur dans nos cours est porteuse d’une plus value pédagogique significative. La qualité des documents présentés doit d’abord être soulignée car, située dans le prolongement direct de ce à quoi les élèves sont habitués en dehors de l’école, elle contribue à une bonne image de celle-ci. La variété et la richesse inépuisable des sources documentaires mises à la disposition du professeur sont une autre composante de la plus value pédagogique. L’accès aux pages web, aux sites institutionnels, aux espaces numériques des savoirs, lorsque l’établissement y est abonné, ainsi que l’utilisation des DVD rendent réel et opérationnel le concept de multimédia. Le professeur peut enfin insérer ses propres documents, graphiques et cartes réalisés à l’aide de logiciels spécialisés, présentations power point, qui lui permettent, avec les documents choisis précédemment, de produire un support pédagogique équivalent d’un manuel qui serait doté du son et de l’image animée.
On objectera, à juste titre, qu’il faut du temps pour sélectionner et préparer ces divers supports. Mais toute préparation de cours nécessite du temps, ce qui revient à dire qu’on choisira le mode multimédia en fonction d’un projet bien défini. Les premiers utilisateurs du multimédia s’en servent pour insérer dans leur cours des séquences vidéo de l’INA, modifier des cartes (couleurs, discrétisation...), présenter des schémas animés... Ajoutons que le temps passé n’est pas perdu car, par définition, les supports pédagogiques sont sauvegardés dans l’ordinateur en attendant une utilisation future, y compris par un autre professeur. Le multimédia peut aussi déboucher sur des formes de travail d’équipe.
Reste à examiner les limites pédagogiques du multimédia. Disons-le tout net, le risque existe de revenir à une pédagogie frontale qui consisterait à mettre les élèves devant un écran pour regarder et écouter ou relever des informations. Mais, même dans ce dernier cas, parfois baptisé mise en activité, on en reste au premier niveau d’un travail intellectuel qui suppose classement des informations, mise en relation des documents, formulation d’idées, restitution de situations. Au professeur qui utilise le vidéo-projecteur en classe d’articuler documentation et démonstration d’une part, réflexion et restitution d’autre part.

Versailles, le 9 avril 2004 Paul Stouder, IA-IPR

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)