Où en sont les TICE ?

, par Paul Stouder IA-IPR

ARCHIVES DE STRABON

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Au cours du deuxième trimestre 2004-2005 le GEP histoire et géographie a mis en ligne une enquête sur l’utilisation des TICE dont on pourra trouver les résultats statistiques dans ce site. 22 établissements (12 collèges et 10 lycées) rassemblant 140 professeurs d’histoire et géographie ont répondu par l’intermédiaire d’un coordonnateur disciplinaire. Ces résultats, certes modestes, constituent cependant un échantillon significatif. Celui-ci doit d’abord être apprécié à l’aune d’une enquête faisant appel aux réponses volontaires au sein desquelles les « spécialistes » sont fortement représentés ainsi que le montrent les réponses aux questions portant sur l’utilisation du matériel, elle serait très développée, et le fonctionnement de celui-ci jugé très positivement. Cela explique sans doute que 26% déclarent utiliser régulièrement les TICE et près de 36% les utiliser occasionnellement. Sans que l’on puisse apprécier à leur juste mesure ces proportions, il est cependant permis de penser que nombre d’utilisateurs occasionnels n’ont pas répondu à l’enquête, observation confirmée par les entretiens avec des utilisateurs enseignant dans des établissements hors de l’échantillon spontané des 22 collèges et lycées.

Quelques grandes tendances se dégagent de l’enquête. L’équipement des salles d’histoire et géographie en matériel multimédia évolue rapidement. Bien que représentant la dernière génération de matériel, les chariots multimédia l’emportent désormais sur les vidéos et autres armoires multimédia. La dotation de la région Ile de France en 2004 a bien sûr donné l’impulsion décisive en équipant les lycées de chariots multimédia, le département de l’Essonne ayant pour sa part doté ses collèges ; par ailleurs, certains collèges s’équipent par eux-mêmes en faisant appel à leurs fonds propres ou en demandant des subventions spécifiques à leur département. Dans plus de la moitié des établissements ces matériels sont à demeure dans une ou plusieurs salles d’histoire et géographie ; ailleurs, ils circulent entre le cabinet d’histoire et géographie et les salles de classes. La plupart des établissements ayant répondu à l’enquête signalent aussi la présence d’une voire deux salles multimédia permettant de faire travailler les élèves sur ordinateur.

L’utilisation effective des matériels est évidemment le point crucial de l’enquête. L’immense majorité des réponses montre que les TICE aident non seulement à la préparation de séquences pédagogiques mais aussi à leur illustration. Plus surprenant, et très encourageant, est le constat que ¾ des réponses font état d’une utilisation par les élèves eux-mêmes du matériel en salle spécialisée. Ces tendances sont bien confirmées par les observations faites lors des visites d’établissement qui montrent que le travail sur CDRom ou sur des sites capturés ou non commence à pénétrer les pratiques.

L’enquête abordait également les difficultés rencontrées. Si pour ceux qui répondent il n’y a pas de difficultés matérielles, cela ne signifie pas qu’il n’en existe pas pour ceux qui n’ont pas répondu. Plus surprenantes sont les réponses concernant la formation ; la totalité de ceux qui répondent disent s’être auto-formés, ce qui ne les empêchent pas de reconnaître souvent avoir participé à un stage individuel ou à un stage d’établissement. Peut-être faut-il y voir des itinéraires variés faisant alterner initiation et auto-formation ou bien encore auto-formation et stages de perfectionnement ? La demande de formation reste cependant massive.

En conclusion, on rappellera encore une fois que l’enquête vaut plus par les tendances qu’elle indique que par les résultats statistiques eux-mêmes. Une prochaine enquête devrait permettre de mesurer plus précisément la fréquence de l’utilisation des TICE et d’apprécier la plus value pédagogique qui en est retirée.

Paul Stouder, IA-IPR

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