Ouvrir et nourrir un blog d’histoire-géographie.

, par Marion Beillard

Ouvrir et nourrir un blog à destination des élèves ? Le CRDP de l’académie de Versailles propose une plate-forme simple d’usage qui enrichit la palette des pratiques pédagogiques - Un retour sur expérience.

1. COMMENT PROCEDER ?

Il est très facile de créer son blog : du fait de la fermeture potentielle des établissements scolaires pour cause de grippe H1N1, le CRDP de Versailles a adressé à chaque professeur un message intitulé "Restons en lien", afin d’assurer la continuité pédagogique.
Pour ouvrir un blog, il suffit de se connecter sur le site du CRDP de l’académie de Versailles, de cliquer sur "Grippe A - Un blog pour rester connecté avec mon établissement" et de suivre les consignes. Aussi claires que simples, elles permettent de réaliser l’opération sans aucune difficulté technique en quelques minutes. Un courriel expédié sur la boite mail professionnelle (en "ac-versailles") donne ensuite toutes les indications nécessaires pour se connecter en tant qu’administrateur (trice).

Concernant le choix du nom (totalement libre), il faut d’une part se rappeler que nous nous trouvons dans un cadre professionnel, en tant qu’adulte, et d’autre part réfléchir à la pérennité de l’appellation (pas de référence à une classe ou à une année précise). Les élèves doivent pouvoir retenir ce nom et différencier ce blog de ceux qu’ils fréquentent au titre des loisirs. Ainsi, l’usage de son prénom par le professeur n’est peut-être pas le plus indiqué. Alors que "monsieur X établissement Y" convient tout à fait.

Concernant l’organisation interne du blog, il se révèle assez pratique de le ventiler en plusieurs catégories (du type "6ème / 5ème..."), elles-mêmes subdivisées en sous-catégories (histoire/géographie/éducation civique). Les différents billets sont rattachés à leurs catégories au fur et à mesure de leur envoi et cela permet aux élèves de s’y retrouver plus aisément.

2. QU’Y METTRE ?

Un blog ne peut pas se substituer au cahier de textes, qui demeure un document réglementaire. Néanmoins, il peut le renforcer, par exemple en faisant apparaître les dates des évaluations. Un calendrier prévisionnel favorise l’organisation du travail personnel des élèves et un simple billet posté la veille ou l’avant-veille d’une évaluation réveille certains étourdis. Des parents se connectent assez souvent pour suivre l’échéancier des travaux-maison et des évaluations.

Le blog est un bon support pour les élèves absents si le professeur y publie ses cours au fur et à mesure. Plutôt que de courir après les cahiers de leurs camarades ou de recopier des photocopies médiocres, ils peuvent imprimer ou copier d’après l’écran.

Il permet aussi de passer outre le dilemme des photocopies. Ainsi, un corrigé d’évaluation type DNB n’est pas nécessairement reproduit à grands frais. S’il est mis rapidement en ligne après le devoir sur table (le soir même) et que les élèves le savent, seuls ceux qui s’y intéressent se connectent et le lisent. La publication rapide maximise les connexions, car beaucoup d’élèves, de manière fort compréhensible, ne cherchent pas forcément à progresser en étudiant le corrigé, mais veulent plutôt calculer leur note. L’objectif est de toute manière atteint s’ils lisent attentivement le document.

Enfin, il devient un outil interactif, lorsque le professeur met en ligne des fiches ou des exercices de révision (à condition de prévoir une seconde fiche, avec le corrigé, pour ne pas laisser les élèves désarmés). Il est notable que la fréquentation s’accroît fortement sur certaines pages la veille d’une évaluation.

Evidemment, dans la mesure où le blog est hébergé par le CRDP de Versailles et qu’il concerne notre activité professionnelle, il exige une absolue neutralité politique, religieuse et commerciale. Son propriétaire, responsable de la publication, doit également veiller à posséder les droits des documents qu’il publie (il faut en particulier se montrer vigilant concernant les images).

3. LES AVANTAGES.

Cela évite le gaspillage de photocopies. Il n’est pas possible, ni même raisonnable de photocopier ad libitum les cours pour les élèves absents, les fiches de révision, les corrigés, les exercices d’entraînement... D’autant plus qu’une bonne partie de ces documents dort au fond du sac. Les élèves peuvent trouver, dans une démarche volontaire, ce qu’ils souhaitent utiliser.

Cela développe un usage formateur d’internet. L’accès à internet en milieu urbain (même défavorisé) ne constitue pas un réel obstacle. La plupart des élèves peuvent se connecter à domicile ou au sein de diverses structures (CDI, accueil du soir, maison de quartier, médiathèque...). La fracture numérique concerne davantage l’usage d’internet que l’accès à la toile ; certains élèves ne se connectent que pour parcourir les blogs de leurs camarades ou chercher une nouvelle sonnerie de portable. La fréquentation des blogs de professeurs les conduit vers un usage plus formateur. D’autant plus qu’ils sont souvent surpris que nous soyons capables de pareilles "prouesses" techniques et que certains lisent à l’écran ce qu’ils trouveraient dans leur cahier s’ils l’ouvraient.

Cela permet enfin de répondre à des demandes individuelles rapidement : autant il est parfois difficile de penser à apporter (ou reproduire) une seule fiche de révision pour un élève qui l’a perdue, autant il est aisé le soir, en quelques clics, de la mettre sur le blog. Très rapidement, les élèves - les absents en particulier - s’y habituent et ne plaident plus le manque de cahiers à photocopier pour justifier le caractère incomplet du leur.

En définitive, le blog élargit l’espace de la classe, mais selon une géométrie que chacun fait varier selon ses besoins.

4. LES INCONVENIENTS.

Ce fonctionnement suppose que le professeur ait numérisé l’ensemble de ses cours et qu’il puisse envoyer rapidement une version "élèves" sur le blog, sans passer par une séance de frappe chronophage.

Beaucoup craignent d’être submergés de courriels indésirables. En tout premier lieu, on ne fait pas apparaître son adresse électronique sur le blog qui suffit largement comme support d’échanges. Ensuite, les commentaires déplaisants n’apparaissent pas si on prend la précaution d’exiger l’adresse internet de l’expéditeur (sans bien sûr la publier) : la certitude d’être identifié calme certaines ardeurs. Enfin, quelques rares familles ont des exigences démesurées, bombardant le blog de demandes individuelles. Le professeur peut répondre à cette attitude très minoritaire de la manière la plus appropriée : par une proposition de rendez-vous dans le carnet de correspondance de l’élève au cours suivant. Il n’est nullement tenu de passer ses soirées à satisfaire des demandes précises et l’absence de réponse peut en désarmer plus d’un.

Enfin, il faut veiller à ne surtout pas transférer les charges de reprographie sur les familles. Une cartouche d’imprimante est coûteuse et l’enseignement est gratuit. Dès lors, il n’est pas envisageable de renvoyer les élèves vers le blog pour qu’ils impriment à leurs frais ce qui aurait dû être photocopié par le professeur. Pour beaucoup de documents (comme un corrigé d’évaluation), une simple lecture à l’écran suffit. Et rien n’interdit d’inclure un message "développement durable " du type "n’imprimez que ce qui est indispensable".

PETITE CONCLUSION...

Alors, pourquoi ne pas essayer ? C’est gratuit, cela prend peu de temps et vous pouvez commencer par un seul niveau (6ème, 2nde...) ou par une seule classe (celle dont vous êtes professeur principal). Et si la formule ne vous convient pas, vous pouvez laisser votre blog s’éteindre calmement, en n’y publiant plus rien...

Voir en ligne : Créer et administrer son blog ac versailles

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