Étude de cas : L’École d’Athènes, de Raphaël

, par Laurent Gayme

Ce diaporama est la base d’une étude de cas introductive au chapitre « Humanisme et Renaissance » du programme de Seconde (utilisable aussi en collège). Il s’agit d’étudier la fresque de Raphaël intitulée, plus tardivement, « L’École d’Athènes », à la fois comme une œuvre d’art et comme un document historique. C’est l’occasion de rappeler la méthodologie de l’étude d’un document historique et d’aborder certains aspects de l’analyse artistique. Il s’agit aussi, dans le cadre d’une étude de cas, d’aller du particulier au général, pour mettre en lumière quelques grandes caractéristiques de l’Humanisme et de la Renaissance.
L’étude de cas, prévue pour une séquence de deux heures, est donc divisée en trois temps

I. Présentation.

À partir de l’intitulé de l’œuvre, on reviendra sur sa nature (explication de la technique de la peinture a fresco), son auteur (Raphaël), son contexte historique (les conditions de l’engagement de Raphaël en 1509 à la cour du Pape Jules II à Rome, un des grands foyers de la Renaissance) et géographique (la fresque fait partie d’un projet pictural sur les quatre murs de la Chambre de la Signature, « bureau » et bibliothèque du pape au Palais pontifical). Le sujet du document (L’École d’Athènes, titre donné au XVIIIe) sera explique dans la 3e partie de l’étude.

II. Description

Il s’agit ici de mettre les élèves en situation de décrire ce qu’ils voient, en allant de la vue d’ensemble (des personnages dans un espace architectural) au détail et à la structure de l’œuvre, par une observation de la mise en place des personnages, des jeux de couleurs utilisés, de l’organisation des différents plans d’abord horizontaux puis verticaux (pour montrer l’organisation symétrique de la fresque), et en profondeur (notion de « trompe-l’œil », effet de scène théâtrale). On terminera la description par le mouvement des personnages sur les marches, conduisant l’œil de l’observateur vers le centre de la fresque. Les deux directions dominantes de la fresque (horizontale/verticale) seront expliquées dans la dernière partie, ainsi que les différents types de perspective utilisés.

III. Analyse

L’analyse doit permettre de dégager quelques grandes caractéristiques de l’Humanisme et de la Renaissance :
-  la place centrale de l’Homme et de la Connaissance. Les mouvements des mains des deux philosophes expliquent les deux directions dominantes de la fresque, et son sens (la « dispute » philosophique sur les voies d’accès à la connaissance, traduite part le recours à la symétrie dans la composition de la fresque). On soulignera la présence d’Averroès, « passeur » d’Aristote en Occident, en réutilisant le cours sur la Méditerranée au XIIe siècle. La diapositive sur le personnage de Diogène permet de montrer que cette nouvelle place de l’Homme ne se limite pas aux idées mais aussi à la représentation des corps, appuyées sur les études anatomiques et scientifiques contemporaines.

-  L’importance de l’héritage gréco-romain antique, déjà perceptible dans le monde des idées, dans l’art et particulièrement l’architecture, héritage qui n’est pas simplement copié mais réinterprété et renouvelé (Renaissance). On montrera que le décor peint par Raphaël s’inspire des projets en cours de réalisation (et poursuivis/modifiés par Raphaël puis Michel-Ange) de Bramante pour la basilique Saint-Pierre (plan en croix grecque, piliers et coupole, plafonds à caisson). L’autre grande caractéristique de la Renaissance décelable sur la fresque est l’utilisation de différents procédés de perspective (perspective euclidienne avec point de fuite, utilisation des couleurs, succession des cercles des plafonds et des ciels).

-  Les rapports entre les artistes et le pouvoir. La présence de Raphaël sur la fresque, ainsi que celle d’artistes contemporains qui participent au projet pontifical, permettra d’insister sur la place nouvelle de l’artiste, qui signe ses œuvres, et sur la question du mécénat (Federico della Rovere, duc d’Urbino, est le fils du protecteur du père de Raphaël, ainsi que le neveu de Jules II). Le fresque devient ainsi une œuvre à la gloire de Jules II, dont la cour est comparée à l’Athènes du Ve Siècle. On terminera par l’explication du projet pictural voulu par le pape, où les fresques se répondent, la Foi chrétienne triomphant sur la Raison païenne. Le dernier mot reste donc au mécène, et l’Humanisme, qui met l’Homme au centre de la Création, n’est pas un rejet de la Foi.

Les images utilisées dans le diaporama viennent de :

http://www.wga.hu/

et plus particulièrement de

http://www.wga.hu/index1.html

Article « L’École d’Athènes » de l’encyclopédie libre Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27École_d%27Athènes_(Raphaël)

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