Réaliser une émission de radio sur les migrations climatiques

, par Julian Oguer

Présentation

Ce scénario sera présenté dans le cadre des ateliers numériques de l’édition 2020 du festival international de géographique de Saint-Dié. Il s’inscrit dans la thématique "Climat(s)" et a pour but d’introduire le chapitre sur les migrations internationales avec les élèves de seconde en utilisant un outil numérique, la webradio.

Un premier temps de découverte des documents, permettant aux élèves de travailler l’oral de coopération à travers le travail de groupe. Un deuxième temps de préparation de l’émission permettant aux élèves de réfléchir à l’articulation des idées et des exemples afin de rendre l’émission intéressante et intelligible. Un troisième temps, celui de l’enregistrement et de la remédiation permettant aux élèves de prendre conscience de leurs difficultés après réécoute.

A l’issu de cet exercice, les élèves auront compris les différents facteurs pouvant engendrer des migrations climatiques, les conséquences sur les territoires marqués par les migrations, la complexité des questions autour de la définition de « réfugié climatique ». Ils connaîtront les espaces les plus impactés par ces migrations.

  • Compétences du cadre de référence des compétences numériques (CRCN) :

- DOMAINE 2 Communication et collaboration
C.2.1 Interagir
C.2.3 Collaborer
- DOMAINE 3 Création de contenu
C.3.2 Développer des documents multimédias

  • Repères de progressivité du CRCN :

- C.2.1 → Niveau 3
- C.2.3 → Niveau 4
- C.3.2 → Niveau 3

  • Matériel :

- Des ordinateurs ou des tablettes pour chaque groupe d’élèves avec une connexion internet ;
- Un studio de web radio avec des ordinateurs équipés de logiciels d’enregistrement et de montage. Du matériel d’enregistrement individuel.

  • Durée de l’activité :

- 4-5 heures

Activité

  • Premier temps : découverte des ressources, collecte des informations, rédaction d’un résumé

Le professeur élabore des groupes en mélangeant différents niveaux d’élèves et distribue le dossier de documents. Les élèves au sein d’un groupe se répartissent les rôles et les documents.

Corpus documentaire et rôles
Corpus documentaire
1 → Présentateur spécialiste des questions climatiques ;
2 → Géographe à l’université de Paris (contexte général, explication des migrations climatiques) ;
3 → Membre d’une association pour la sauvegarde de l’environnement en Polynésie Française (expert îles du Pacifique) ;
4 → Chargé de mission à l’ambassade d’Australie (Expert Australie) ;
5 → Géographe spécialiste de l’Asie du Sud (Expert Asie du Sud) ;
6 → Envoyé du HCR, Haut Commissariat pour les Réfugiés, en Afrique (expert Afrique)

Ils analysent ensuite les documents distribués en s’aidant du tableau. Le corpus documentaire utilisé est un ensemble de documents tirés de sites d’informations en ligne, soit de quotidiens (La Croix, 20 minutes…), de sites d’information multimédias (ICI Radio Canada, FranceTVInfo), de magazines (Sciences et Avenir, Espace Prépas), ou de brochures officielles (UNHCR).

  • Deuxième temps : construction de l’émission

Les différents groupes élaborent leur émission de radio en suivant la fiche de cadrage distribuée comme modèle. Chaque membre élabore son ou ses interventions, puis ils les mettent en commun sur un pad.
Le professeur peut alors apporter des corrections, puis retravailler le texte avec les élèves en classe.
Ces derniers doivent respecter les impératifs du format radiophonique : phrases courtes, organisation claire des idées et des exemples, planification des interventions et des prises de parole. Il faut insister sur la fluidité de l’émission, les interactions entre les différents intervenants ou les relances du présentateur. Tout en s’assurant que l’essentiel de leur thème est traité, les élèves font attention à l’organisation du texte, l’articulation entre les idées et les exemples, l’introduction de chaque thème, le transitions… Cette étape permet ainsi de commencer à travailler la méthode de la question problématisée.

Fiche de cadrage pour enregistrer leur émission
  • Troisième temps : enregistrement de l’émission de radio

Les élèves se servent de leur fiche de cadrage pour enregistrer leur émission. Dans un studio de web radio si possible. Autrement, les élèves enregistrent leur émission avec des outils personnels, tout en essayant de respecter le format radiophonique. Chaque groupe écoute ensuite sa production en classe afin de la critiquer et d’élaborer, pour chacun, des critères d’amélioration. Enfin, si cela est possible, il peut être intéressant de faire travailler les élèves sur un logiciel de montage audio (type Audacity) afin de retravailler avec eux leur enregistrement et approfondir la maîtrise des outil numériques.

Point sur la notion de « migrant climatique »

La notion de « migrants climatique » n’est pas une notion stabilisée en géographie.
Tout d’abord, elle n’est qu’une partie d’une notion plus large, celle des « migrations environnementales » concernant, selon l’OIM (Organisation Internationale des Migrations) « les personnes ou groupes de personnes qui, essentiellement pour des raisons liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent. ».
On parle aussi de « migrants » et non de « réfugiés climatique » car ce terme assez utilisé, notamment dans certains documents sélectionnés pour cet exercice, est un abus de langage. Contrairement au « migrant climatique », qui ne possède pas de définition juridique dans le droit international, un « réfugié » désigne une personne dont le statut est clairement défini par la Convention de Genève de 1951.
Le terme de « migrant environnemental », n’est pas non plus totalement adéquat, puisqu’un migrant est une personne qui jouit d’un certain degré de liberté au niveau de la prise de décision dans le départ, le mode déplacement, la durée du trajet ou la destination. Le terme occulte alors les situations de déplacements forcés, engendrés par des catastrophes environnementales. Le terme le plus adapté serait celui de « déplacés environnementaux », mais il est très peu utilisé par les organismes internationaux.

Ainsi, aucune définition ne fait consensus pour le moment : le climat ou les phénomènes environnementaux sont rarement la seule cause de ces migrations. Celles-ci sont multifactorielles et s’inscrivent souvent dans des dynamiques migratoires plus larges. Il est ainsi difficile d’isoler le seul facteur environnemental comme cause du départ, qui résulte plutôt d’une accumulation de phénomènes.

Pour aller plus loin

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