Jouer, raisonner, argumenter en classe de Terminale spécialité HGGSP

, par Fanny Blet, Florence Peyrard

Descriptif du projet

 
Faire construire de manière collaborative une argumentation aux élèves en utilisant un dispositif de Défis oratoires sur support numérique de production interactive en ligne accessible à partir du lien cliquable suivant : Jouer, raisonner, argumenter en T.HGGSP
 

 

Compétences travaillées

  • Capacité du tronc commun HG/HGGSP : Construire une argumentation historique, géographique (et/ou géopolitique).
  • Capacités liées à la spécialité HGGSP :
     S’exprimer à l’oral dans le cadre d’un débat normé et argumenté ;
     Prendre la parole en continu, de manière fluide (sur 30 secondes) avec un vocabulaire riche et adéquat ;
     Être capable d’interagir avec un autre point de vue, en exploitant de manière judicieuse les éléments fournis par un autre débatteur ;
     Exprimer à l’oral un argument de manière factuelle, bien construite et raisonnée en mobilisant ses connaissances.
  • Domaine de compétence du CRCN : Communication et collaboration.
  • Compétences du CRCN : Interagir ; Partager et publier ; Collaborer ; S’insérer dans le monde numérique.

Entrée dans les programmes

La préparation et la mise en œuvre des Défis oratoires se déroule en amont des évaluations certificatives, effectuées à la fin de chaque thème d’HGGSP.

Elle permet en effet de rendre les élèves acteurs de leurs révisions, de leur faire prendre conscience de l’importance de la structuration d’une pensée argumentée, appuyée sur des exemples factuels issus du cours, afin d’être en réussite lors de l’épreuve de dissertation ou dans le cadre des réponses à une question problématisée.

Ces mises en œuvre permettent également de faire travailler aux élèves, de manière régulière et progressive, les compétences d’expression et d’interaction orales en vue du Grand Oral.

Mise en œuvre

Étape 1 : Un Défi oratoire pour réviser le thème 3 “Histoire et mémoire”
 

  • Période : avant les vacances d’octobre

1. Proposition par l’enseignante de 3 intitulés de débats en explicitant les conditions d’un bon énoncé polémique : on doit pouvoir affirmer ET infirmer l’énoncé grâce au cours (en classe, 10 min)

Le professeur montre aux élèves comment trouver dans le cours ce qui pose question, ce qui peut faire débat ou susciter un questionnement contradictoire. Pour cela, s’appuyer sur les problématiques, les titres ou encore les questionnements contenus dans les cours dispensés par le professeur, est formateur pour les élèves.

2. Proposition de formulations, par les élèves, d’énoncés de débats, à partir de leur cours [à la maison].

3. Recherche d’images libres de droit pour créer le plateau de jeu avec sélection finale par les élèves.

4. Mise en œuvre du défi oratoire (en classe, 1 séance d’1h) :

L’enseignant constitue 4 équipes dans la classe, et explicite le principe et les règles du défi oratoire accessibles en cliquant sur le lien suivant : Défi oratoire en T.HGGSP (Thème 3)

 

 Chaque équipe tire, à tour de rôle une “carte Défi”, et confronte son argumentation à celle de l’équipe indiquée sur la carte.

 A chaque tour, l’argumentation de chaque équipe est portée par un membre différent qui s’exprime au nom de son équipe. (possibilité d’aménagement : il peut s’appuyer sur un autre membre de l’équipe qui doit varier au gré des tours).

 Pour chaque confrontation, les 2 équipes disposent de 2 minutes de préparation.

 Chaque débatteur expose alors alternativement ses arguments.

 Les débatteurs peuvent se réfuter ou se répondre en se complétant.

 Les débatteurs doivent clore chacune de leur prise de parole par une formule concise qui rend explicite le passage de la parole à l’autre équipe (“c’est à toi”).

 La confrontation n’excède pas 2 minutes.

 S’ensuit, systématiquement, un débriefing de 2 minutes lors duquel les deux équipes observatrices, guidées par l’enseignant, évaluent le respect des règles du débat et la qualité de l’argumentation.

 L’équipe qui remporte la confrontation met un jeton dans son deck. Il peut y avoir égalité ; dans ce cas, chaque équipe remporte un jeton.

 Lors des confrontations d’arguments, les élèves membres des équipes observatrices doivent endosser les rôles suivants :
prendre des notes en vue du debriefing ;
contrôler le temps : deux maîtres du temps sont chargés de vérifier que les prises de parole n’excèdent pas 30 secondes à chaque fois (projection possible d’un chronomètre : Chrono La digitale).
 

  • Critères d’évaluation des prises de parole des équipes afin d’arbitrer dans le cadre du jeu

 Respecter la règle du débat (temps de réflexion, temps de parole, ne pas couper la parole, parler à son tour, ne pas rester silencieux plus de 5 secondes, ne pas monopoliser la parole) ;
 Se conformer à l’éthique du débat (pas de jugement personnel, en rester au factuel) ;
 Avancer un argument clair et convaincant, illustré par un exemple issu du cours ;
 Prendre appui sur l’argument précédemment formulé (pertinence, lien logique de complémentarité ou de réfutation, utilisation de connecteur logique).
 

  • Points de vigilance

La partie n’a pas épuisé les 12 questionnements, mais l’attention et l’engagement des élèves étant intense :
 Il est nécessaire de bien cadrer les défis oratoires pour éviter des prises de parole trop longues : l’élément de réponse, l’argument, l’exemple. (Éventuellement nommer un garant de la parole dans les équipes observatrices).
 Prévoir une grille pour aider les élèves observateurs à prendre des notes efficacement lors des confrontations.
 
 
Étape 2 : Un défi oratoire pour réviser le thème 4 “Identifier, protéger et valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques”
 

 

  • Période : avant les vacances de Noël

1. Formulation par les élèves de 12 questionnements dans le cadre des révisions du thème 4, validés par l’enseignant. (en classe, 30 min)
2. Atelier d’appropriation par les élèves de l’outil de production interactive en ligne pour co-construire le plateau de jeu du défi oratoire. (en classe, 1 heure)
3. Mise en œuvre du défi oratoire. (en classe, 2h)
 
 
Étape 3 : Un défi oratoire entre 2 classes de deux lycées différents pour réviser le thème 5 “L’environnement : entre exploitation et protection, un enjeu planétaire”
 

1. Construction, en amont par les enseignantes, de 12 questionnements pour réviser le thème.
Le choix est fait de confrontations proposées par les enseignantes afin que les élèves des deux classes soient sur un pied d’égalité dans la découverte des questionnements le jour de la confrontation en distanciel (session Visio-agent).
2. Constitution des équipes en amont : chaque classe est divisée en 2 équipes.
3. Mise en œuvre du Défi oratoire sur le modèle des expérimentations précédentes.

  • Point de vigilance

Prévoir des demi-effectifs pour une meilleure interactivité.

Bilan et analyse réflexive

Ces Défis oratoires numériques que nous avons créés et expérimentés avec nos élèves leur ont permis, petits ou grands parleurs, de devenir des acteurs engagés dans une expérience de prises de parole argumentatives, coopératives voire collaboratives, dans la perspective du grand oral mais aussi des épreuves écrites de spécialité.

Le principe même de ces confrontations d’arguments impose en effet que les arguments soient réfléchis en équipe, en amont du Défi oratoire lui-même avec un membre d’une équipe adverse. Cela suppose donc de développer ses capacités à être force de proposition à l’oral, au sein d’un petit groupe, pour opérer la sélection des arguments qui seront mis en avant lors du Défi oratoire.

En outre, ce temps de préparation des arguments et exemples nécessite que chaque membre des deux équipes en lice opèrent, à partir du support (exemple : ses fiches de révisions) auquel il a droit pendant la partie, une organisation des éléments de son cours qui lui permettent de faire émerger des arguments et des exemples pertinents pour traiter, dans une logique de confrontation d’idées, des sujets qui pourraient faire l’objet d’un sujet de dissertation ou d’une réponse à une question problématisée.
L’accent mis sur la construction de l’argumentation par complémentarité et confrontation apparait également comme une bonne occasion de faire expérimenter aux élèves la transformation de leurs connaissances en savoir.

Par ailleurs, la confrontation des arguments / exemples se déroulant à l’oral et imposant à tous les élèves d’y prendre part, le Défi oratoire donne l’occasion aux élèves d’expérimenter une prise de parole spontanée, monogérée mais également en interaction, puisqu’ils doivent être vigilants à la pertinence des arguments avancés par rapport à ceux avancés par le membre de l’autre équipe.
Qui plus est, l’évaluation de la confrontation des arguments par les pairs et le debriefing qui suit chaque Défi oratoire, est un outil d’analyse réflexive très efficace, qui à nouveau, rend les élèves acteurs de leur réussite individuelle et collective, en vue d’autres expériences de confrontations argumentatives orales mais également écrites.

Enfin, le caractère ludique et numérique de ces Défis oratoires, co-construits par les élèves, a contribué à susciter voire à attiser le désir de coopération à l’élaboration et à la participation à ces Défis oratoires, d’élèves parfois rebutés par la complexité que représente la structuration d’une argumentation pertinente, organisée et fondée sur des connaissances, à l’écrit, grâce au passage par l’oral induit par les Défis oratoires. Plusieurs élèves ont d’ailleurs constaté une amélioration de leurs capacités argumentatives lors d’écrits longs de type argumentatif.

Finalement, rares ont été les élèves qui ont refusé de se prêter à cette expérimentation : leur contribution a parfois été lente, laborieuse même, soit en raison de leur grande réserve à l’oral, de leur maîtrise parfois fragile du cours donc des connaissances mais également du numérique, ou encore de leur refus de participer à une activité coopérative relevant d’une forme de défi à relever, mais tous ont su se saisir de ces expériences enrichissantes.

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