Enseigner avec des documents d’archives dans un parcours Elea : la Révolution française ; la liberté d’expression

, par Isabelle Attard, Jean-Christophe Blanchard

Les archives départementales offrent de nombreuses ressources documentaires pour étoffer et diversifier vos séances et séquences. En voici deux exemple, l’un pour l’EMC et l’autre pour les programmes d’histoire de quatrième et de première, issus des AD des Yvelines. Le premier document trouve en outre sa place dans un parcours Elea.

Exercer sa liberté d’expression

Ce document, conservé aux Archives Départementales des Yvelines, est la Une d’un journal ouvertement antisémite publié en 1902.

Liberté d'expression

Dans le cadre des programmes d’EMC, il est possible de l’étudier selon que l’on exerce au collège ou au lycée :
-  pour le cycle 4, cette étude prend la forme d’un parcours Eléa. Le thème abordé est alors « Le jugement : penser par soi-même et avec les autres » afin de faire comprendre aux élèves que « deux valeurs de la République, la liberté et l’égalité, peuvent entrer en tension ».
-  pour le nouveau programme de la classe de seconde, il permet d’introduire la réflexion sur une des notions de l’axe 2 « L’évolution de l’encadrement juridique de la liberté d’expression dans un environnement numérique et médiatique ». Son étude peut être complétée par deux autres articles de journaux publiés au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo.

Si vous appartenez à l’académie de Versailles, vous pouvez tester directement le parcours dans l’Éléathèque avec vos identifiants académiques.
Le dossier documentaire est quant à lui disponible sur Educ’archives.

La fête de la « juste punition du dernier roi des Français »

Le premier chapitre du nouveau programme de Première intitulé « La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation » indique, comme point de passage, l’étude du procès et de la mort de Louis XVI. Nous vous proposons de faire étudier cet événement à partir d’une source originale : un procès-verbal du 21 janvier 1798 qui rend compte de l’organisation de la fête de la « juste punition du dernier roi des Français », instaurée par le Directoire.
Ce document particulièrement riche permet d’aborder les conflits et débats qui caractérisent la période et la recherche d’un ordre politique stable. L’affirmation de la souveraineté nationale et la mise en cause de la souveraineté royale y apparaissent clairement à travers le serment que doivent prêter les fonctionnaires.

Juste punition du Roi

Ce document permet de faire dresser aux élèves un bilan des dix années de révolution.
• La date « an six de la République française » met en évidence l’instauration d’un nouveau régime politique.
• L’utilisation du calendrier révolutionnaire ainsi que l’invocation de la « colère de l’Etre Suprême » montrent la remise en cause l’Eglise.
• Cette fête est organisée en présence de « l’administration municipale du canton d’Ablis, département de Seine-et-Oise » ce qui permet d’évoquer la nouvelle organisation territoriale.
Il rend compte également des expériences politiques qui se sont succédé depuis 1789 :
• La « constitution de l’an trois » permet de rappeler les conflits et débats sur la nature et la forme que doit prendre le nouveau régime. Ainsi, la constitution ici mentionnée est la troisième rédigée en l’espace de quelques années.
• La violence politique est également au cœur du document puisque les auteurs opposent la violence légitime au service de la liberté à celle séculaire de la monarchie. Il est fait référence successivement à la Saint Barthélemy et à la Fronde. Les auteurs rejettent cependant celle de la Terreur en insistant sur la « peine » que ressent le « vrai républicain ».
• Apparaît aussi la fragilité d’un régime qui, pour résister à ses opposants, cherche à s’assurer de la fidélité de ses fonctionnaires qui doivent signer le procès-verbal afin d’attester de leur présence.
Enfin, il permet d’aborder la naissance d’une nation de citoyens :
• Le serment « prononcé à haute voix et individuellement » témoigne d’une rupture avec une organisation basée sur des groupes au profit d’individus qui ont obtenu des droits mais doivent aussi remplir leurs devoirs en tant que « citoyens ».
• L’adhésion au projet républicain se fait aussi à travers l’apparition de nouveaux symboles comme les « trois couleurs » ou encore des commémorations comme celle de la « juste punition » et le « 14 juillet 89 ».

Retrouvez et téléchargez l’intégralité de ce document sur le site des Archives départementales.
Son étude pourra être complétée par d’autres documents, tels que le décret de la Convention nationale relatif à la condamnation à mort de Louis XVI, la loi mettant en place la fête de la « juste punition du dernier roi des Français », ainsi que d’autres procès-verbaux la concernant.

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